La mithridatisation, à la frontière entre vaccination et homéopathie

L’Antiquité fut une période très riche en découvertes dans le domaine de la médecine et de la connaissance des remèdes, avec des grands Maitres tels Hippocrate ou Galien dont les enseignements sont inestimables, en particulier concernant l’étude des effets des substances naturelles sur les êtres vivants.

Malheureusement, ces connaissances ne furent pas toujours utilisées à bon escient et conduisirent également à la découverte de substances toxiques, notamment de poisons dont l’usage était fréquent à l’époque.

Parmi tous les rois de l’Antiquité, l’un d’entre eux craignait plus que tout d’être empoisonné : il s’agit de Mithridate VI, souverain du royaume du Pont (ou Pont-Euxin), sur les bords de la Mer Noire, vers 100 avant JC.

Sa crainte de l’empoisonnement le mena à acquérir une connaissance très pointue des plantes toxiques et de leurs usages, en particulier des poisons et de leurs antidotes. Ses réflexions le menèrent à développer le concept de mithridatisation, qui consiste à s’immuniser en s’administrant quotidiennement d’infimes doses de poison afin d’y habituer son organisme et de l’aider à y développer une résistance.

Ainsi la mithridatisation fait le lien entre les deux principes de vaccination et d’homéopathie, car elle consiste en la prévention d’effets délétères d’agents pathogènes, reposant sur leur mémorisation par l’organisme, en l’y habituant grâce à des doses très faibles.

La vaccination n’est en effet pas une thérapie, mais une prévention. Elle consiste en l’injection dans l’organisme d’un agent pathogène, ou d’un de ses constituants, sous une forme inoffensive. Ceci dans le but de provoquer une réaction immunitaire, dont l’organisme se souviendra lorsqu’il sera réellement exposé à l’agent pathogène sous sa forme dangereuse. Pour simplifier, la vaccination consiste à « montrer la photo » d’un agent infectieux au système immunitaire, ce qui lui permettra de le reconnaitre instantanément dans le futur lorsqu’il le croisera « en chair et en os » et provoquer ainsi une défense très rapide de l’organisme.

L’homéopathie est quant à elle une thérapie, qui consiste à administrer pour le guérir à un malade des doses infinitésimales (infiniment faibles) de substances qui provoqueraient à des doses plus élevées, la maladie chez une personne en bonne santé. Pour simplifier, le principe de l’homéopathie est fondé sur la possibilité de soigner un malade en utilisant des substances toxiques infiniment diluées, ces substances provoquant elles-mêmes à doses normales des symptômes semblables à ceux dont il souffre.

Revenons au Roi Mithridate. Il fut trahi par son fils qui cherchait à le renverser (une pratique assez courante à l’époque). Pour éviter de tomber entre les mains de son ennemi, il tenta de se suicider en absorbant du poison, mais l’ironie du sort fait qu’il se révéla sans effets !

La légende retient qu’il se fut si bien mithridatisé qu’il devint réellement insensible aux poisons. Une autre explication proviendrait du fait qu’il partagea sa dose de poison avec ses deux filles, et que la dose administrée devint trop faible. Il demanda à son garde du corps de l’achever à coups de glaive.

Parmi les poisons issus de plantes les plus connus dans l’Antiquité, on trouve l’aconit, la ciguë ou la digitale. En connaissez-vous d’autres ?

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Commentaires

    1. En effet, et pas seulement pour les enfants, pour les adultes et les animaux de compagnie aussi ! ceci dit, les cas d’intoxication sont rares, et pour être mortelle, la quantité ingérée doit être importante. Dans tous les cas, il est important d’apprendre aux enfants qu’il s’agit d’un poison et à ne surtout pas « jouer » avec le muguet.

      1. Bonjour phytodia merci pour votre réponse je n’avais jamais entendu cela et c’est ma voisine qui m’a dit cela car le muguet est ma plante favorite.je n’aurais jamais imaginé qu’une si belle fleur puisse etre dangereuse.on a bien raison de se dire qu’il faut toujours se méfier des apparences!

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